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Brexit : tic-tac, tic-tac

Nous n’avons jamais été aussi près d’y voir un peu plus clair dans le suspense de la négociation du Brexit mais… il va  falloir attendre encore pour une issue complète. Si un accord est sur la table, validé par les négociateurs des deux côtés de la Manche, la tempête politique n’est pas terminée, surtout à Londres, où les choses bougent à grande vitesse. Les démissions de ministres se succèdent et les voltes faces politiques surgissent.

Où en est-on donc ?

La contribution financière à l’UE a été un thème clef de la campagne du référendum, avec beaucoup de fantasmes sur les usages possibles de cet argent. Le Royaume-Uni va continuer à la verser jusqu’à fin 2020 et faire un règlement d’environ 45 milliards ensuite pour solde de tout compte.

Le contrôle de la circulation des personnes aux frontières était un objectif majeur des partisans du Brexit. L’accord le prévoit. Les Européens déjà installés au Royaume Uni devraient conserver la plupart des avantages de leur statut actuel. J’ai déjà indiqué à de multiples reprises combien ce point est incontournable.

Le troisième principal enjeu était le sort de la frontière entre les deux Irlande. Il fallait résoudre une contradiction interne aux demandes de Theresa May qui voulait en même temps ne pas rétablir de frontière physique, ne pas avoir de traitement différencié entre l’Irlande du Nord et le reste de la Grande Bretagne et enfin ne pas faire partie de l’union douanière.

La solution proposée à cette équation impossible n’a rien de miraculeux. Il s’agit plutôt d’une reculade assumée de la Première ministre sur sa revendication la plus incohérente.

Elle a dû accepter l’introduction dans l’accord de retrait d’une clause d’assurance : si au 1er juillet 2020 aucune solution évitant le retour de cette frontière n’a été trouvée dans le cadre de la relation future entre le Royaume-Uni et l’UE, alors, à partir de 2021, le pays restera dans l’Union douanière européenne, et l’Irlande du Nord dans le marché unique.

Le Royaume-Uni serait soumis aux normes fiscales, sociales et environnementales de l’UE  sans participer à leur élaboration. Il ne pourrait pas non plus conclure d’accords commerciaux internationaux. Enfin, il ne pourra sortir de cette union douanière, qu’avec le feu vert des Européens et seulement après avoir trouvé une solution miracle pour la frontière irlandaise.

Quand on sait les projets des pro Brexit de transformer le Royaume-Uni en paradis libéral au large de l’UE, débarrassé des normes et prêts à tous les dumpings fiscaux, sociaux et environnementaux, on mesure que leur adhésion va être compliquée à obtenir !

La question est posée : le gouvernement de Theresa May va-t-il survivre à cet accord ?

S’il est renversé au Parlement dans les prochains jours, l’incertitude sera maximum, avec au choix ou tout ensemble, nouvelles élections, nouveau référendum et aussi un « No Deal ».

Côté européen, le contraste est saisissant. L’unité affichée depuis le début du processus par les états et le Parlement derrière le négociateur parait sans faille. Le Parlement européen, qui examine avec vigilance le respect des lignes rouges qu’il a tracées, sera appelé au débat et au vote sur l’accord.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume