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Comme dit le proverbe arabe, « Petite est notre maison, grand est notre cœur »… À appliquer d’urgence !

 Photo : Patrick Nicholson, Caritas

Photo : Patrick Nicholson, Caritas

Dans un nouveau rapport publié vendredi dernier, « Les réfugiés syriens en Europe. Ce que peut faire l’Europe pour assurer leur protection et faire preuve de solidarité », le HCR appelle les pays européens à intensifier leur aide aux réfugiés syriens. Depuis le début du conflit en mars 2011, seulement 4% des réfugiés syriens ont trouvé asile en Europe. Ces chiffres paraissent bien faibles en comparaison avec les quelque 2,9 millions de réfugiés syriens accueillis dans les pays limitrophes de la Syrie. Dans son rapport, le HCR relève les bonnes pratiques de nombreux pays européens, comme la suspension de facto des retours forcés vers la Syrie et les taux élevés de reconnaissance pour le statut de protection accordé aux Syriens. En revanche, l’agence onusienne tire la sonnette d’alarme sur certaines lacunes et dysfonctionnements inquiétants. Il s’agit notamment de refoulements aux frontières terrestres et maritimes qui sont signalés en Bulgarie, à Chypre, en Grèce, en Espagne, de la lenteur dans les procédures d’asile, des conditions d’accueil dégradées, des obstacles au regroupement familial, de l’absence de mécanismes pour identifier les demandeurs d’asile vulnérables et, enfin, du recours à la détention.

Les pays européens ont offert près de 32 000 places de réinstallation, d’admission à titre humanitaire ou autre pour les réfugiés syriens. L’année dernière, la France s’est pour sa part engagée à accueillir 500 réfugiés syriens. C’est bien, mais évidemment pas assez. Dans ce contexte, je suis interrogative sur les conditions d’accès à la procédure d’asile en France. Depuis janvier 2013, les Syriens souhaitant transiter via le territoire français doivent être en possession d’un visa de transit aéroportuaire. Saisi de trois recours successifs, le Conseil d’État a récemment estimé que l’obligation de VTA ne porte « par elle-même » aucune atteinte au droit d’asile… ce qui ne me semble pas être le cas !

Compte tenu de l’ampleur de la crise, l’Union européenne doit instamment mettre en œuvre une politique globale et solidaire ; outre une facilitation des procédures de réunification familiale, elle doit inclure des voies légales pour permettre aux réfugiés syriens de rejoindre en sécurité l’Europe.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume