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En direct de l’Europe sur France Info

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Retrouvez l’émission En Direct de l’Europe d’Anja Vogel du dimanche 27 mars à propos du PNR. L’article correspondant à l’émission est en ligne ici. L’interview est disponible en sur l’image ci-dessus.

 

Le Parlement européen s’apprête à donner son feu vert au registre européen des passagers aériens, le PNR (Passenger Name Record). Non pas pour « obéir » à la France, qui l’a une nouvelle fois exigé après les attentats de Bruxelles, mais parce qu’il estime avoir obtenu les garanties nécessaires en matière de protection des données personnelles… Même s’il reste dubitatif quant à son efficacité. Le PNR n’aurait empêché ni les attentats de Paris, ni de Bruxelles, ni ceux de Londres ou de Madrid, soulignent les eurodéputés, tous groupes politiques confondus, de plus en plus agacés par la désinformation et les pressions exercées par les dirigeants notamment français.

« Qu’on cesse d’accuser systématiquement le Parlement européen »

« D’autant plus qu’il s’apprête à voter le fichier européen des passagers aériens« , rappelle l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot. Non pas « pour obéir à Manuel Valls » et Bernard Cazeneuve, mais parce qu’il estime avoir obtenu « les garanties suffisantes en matière de respect du droit européen, notamment une directive sur la protection des données personnelles« . Ce que regrette d’ailleurs l’élu du groupe des Verts, pour qui le fait de ficher l’ensemble des passagers aériens relève d’un système de « surveillance de masse » préjudiciable et coûteux (estimé à un milliard d’euros), pour une efficacité douteuse (les terroristes étaient déjà fichés et ne circulaient pas en avion). Et de souligner le manque de coordination européenne en matière de renseignement.

L’accord, âprement négocié pendant des années avec les États membres, est sur la table

Il a été conclu fin 2015 après le feu vert de la commission des libertés civiles et des affaires juridiques du Parlement européen, et prévoit l’adoption, en même temps que le fameux PNR, d’un « paquet » législatif sur la protection des données, qui doit encore être formellement adopté par les 28 pays. Après quoi les eurodéputés devraient donner leur feu vert définitif à l’ensemble des textes, a priori fin avril, voire courant mai.
« Qu’on cesse de mentir aux citoyens, et de les prendre pour des imbéciles, d’utiliser à chaque attentat, le même bouc-émissaire« , s’indignent les eurodéputés socialistes. « Ni les socialistes français, ni les socialistes européens ne bloquent la directive PNR. Nous avons pris nos responsabilités, en faisant de l’adoption concomitante de ces textes, aujourd’hui toujours soumis à l’examen des juristes-linguistes du Conseil, un impératif de cohérence politique, explique Sylvie Guillaume, vice-présidente socialiste du Parlement européen.

Un outil « important » mais pas « la solution miracle »

Et de douter elle aussi de l’efficacité d’un outil, certes « important« , mais qui est loin d’être « la solution miracle, la martingale absolue » en l’absence d’une meilleure coopération internationale en terme d’échange de renseignements. D’autant plus que la directive devra encore être transposée dans l’ensemble des États membres (même si « les socialistes ont fait réduire la durée de cette transposition de trois à deux ans » souligne la délégation française, dont la présidente Pervenche Bérès met en garde tous ceux qui continuent de « jeter de l’huile sur le feu, avec le risque d’être contre-productif. »
Mais si, malgré les pressions et en dépit de leurs réticences, les eurodéputés finissent par lui apporter leur soutien, c’est sans doute aussi pour que le PNR ne soit plus instrumentalisé par des démagogues en mal de populisme.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume