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Erasmus+ ou une « success story » non démentie

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J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer à plusieurs reprises le programme Erasmus+ sur ce blog : j’y reviens aujourd’hui, à l’occasion de ma participation cette semaine à la Conférence internationale annuelle organisée sur le thème « Erasmus +, par-delà les espaces géographiques et personnels : des projets pour l’insertion sociale et la citoyenneté ». Le journal Le Monde s’en est d’ailleurs fait l’écho.

C’est aussi pour moi l’occasion de parler de la mise en œuvre de ce programme européen phare, actuellement à l’ordre du jour de la commission Culture et Éducation du Parlement européen au travers du rapport de l’eurodéputé slovène Milan ZVER.

Alors que l’UE traverse une crise historique, Erasmus+ reste un outil concret pour dire aux jeunes que des solutions existent pour s’attaquer aux phénomènes d’exclusion.

Erasmus+ est le plus grand programme de mobilité aux fins d’apprentissage du monde. Avec plus de 2 millions de participants, plus de 50 000 projets et environ 175 000 organisations, Erasmus+ est un programme exceptionnel. Dotée de 16 milliards d’euros pour 2014-2020, son enveloppe ne suffit pourtant pas aux besoins exprimés. Le programme s’est adapté pour améliorer les compétences, l’employabilité, réduire les écarts en matière de compétences, simplifier et créer des liens entre les différents secteurs, s’assurer que tout le monde soit impliqué… En outre, des efforts ont été engagés pour s’assurer de l’efficacité de la dépense ; le taux d’exécution budgétaire est de 100%, ce qui est rare parmi les programmes européens.

Pour autant, Erasmus+ suscite aussi beaucoup de frustrations du côté des acteurs que j’ai rencontrés et qui m’ont fait part de leurs difficultés. Succès aidant, le nombre de candidats augmente et des dossiers de grande qualité se trouvent rejetés, faute de budget disponible ce qui crée une compétition particulièrement rude entre les différents porteurs de projets. Il faut absolument trouver des solutions pour obtenir un meilleur taux de satisfaction de manière à ce que les porteurs de projetsne soient pas découragés.

L’expérience de mobilité joue un rôle crucial sur l’emploi, les opportunités de carrière, la vie sociale, de même que les traits de personnalité recherchés par les employeurs. Nous devons faire évoluer le projet pour permettre à plus de jeunes d’en bénéficier : par exemple en permettant aux jeunes de partir plus tôt, même si c’est pour moins longtemps ; ou bien encore en proposant des dotations moins importantes mais qui bénéficieraient à plus de monde.

Parmi les autres améliorations indispensables, ce programme doit continuer d’aller vers les publics fragiles ; même si 37% des participants viennent de milieux défavorisés, nous savons que les principaux bénéficiaires sont souvent ceux qui peuvent compter sur l’aide financière de leurs parents. Ce qui, en creux, signifie qu’un certain nombre de jeunes sont exclus, car les bourses diffèrent d’un pays à un autre et l’approche diverge selon les États Membres.

Enfin, nous devrons relever de nouveaux défis. J’en citerai 4 :

– Le défi d’une plus grande inclusion sociale, y compris des migrants ; ce point figure dans le programme, avec des projets axés sur la promotion de la lutte contre les discriminations envers les migrants.

– Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour accentuer le travail sur la diversité culturelle et les projets incitant à la tolérance et à l’insertion ; ceci devrait permettre de mieux lutter contre la radicalisation de certains jeunes.

– Troisième défi de taille : c’est le lancement du nouveau programme de mobilité – « Erasmus pro » – pour permettre aux jeunes de partir en apprentissage dans un autre État-membre, pour une période longue. Ce que l’Europe a su faire pour ses futurs diplômés de l’enseignement supérieur, non seulement elle peut mais doit le faire aujourd’hui pour ses jeunes les moins qualifiés. C’est en ce sens que le Parlement européen a lancé cette année un projet-pilote, à destination des CFA (ou équivalents européens) qui s’engagent à organiser les déplacements de leurs apprentis.

– Enfin la question de la reconnaissance complète des crédits acquis partout en Europe, est devant nous. Elle doit également être améliorée car elle crée des discriminations selon le pays où le jeune aura effectué sa mobilité alors que le système scolairedoit être un lieu d’égalité. L’impulsion européenne peut y contribuer mais l’engagement des États membres est déterminant pour que les générations futures soient constituées de citoyens actifs et engagés dans la vie de la Cité.

Cette réflexion va se poursuivre au cours des prochaines semaines et la Commission européenne sera attendue en 2017 avec une proposition qui devra tenir compte des préoccupations des députés européens et des citoyens qu’ils représentent.

En attendant, 2017 sera aussi l’occasion de fêter le 30ème anniversaire d’Erasmus. Ce rendez-vous festif devra aussi être utilisé pour toucher un vaste public – un et continuer de promouvoir ce programme pour l’Europe et pour ses citoyens. Un « Erasbus » circulera sur tout le territoire français, y compris le Sud-Est, j’espère vous y retrouver !

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume