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Le match du Lyon Turin

Quand on vit à Lyon et qu’on aime l’Italie, il y a un sujet qu’on guette dans l’actualité, celui du Lyon-Turin. Et cette semaine justement, il a fait parler de lui.

On sait qu’il s’agit d’une pomme de discorde au sein du gouvernement italien. Le Mouvement 5 Etoiles y voit une dépense non justifiée et se range parmi les opposants à cet équipement. En revanche, la Ligue, très implantée dans le Nord et dans les milieux économiques, est favorable à sa réalisation.

C’est à dessein que, contrairement au Président du Conseil italien, je n’emploie pas le terme « projet » pour qualifier le Lyon-Turin car le terme exact serait plutôt « chantier ». Or le chantier est à l’arrêt côté italien en attendant que soit arbitrée la différence d’appréciation au sein du gouvernement.

Celle-ci se traduit en tensions internes de plus en plus visibles alors que Matteo Salvini, vice-président du Conseil et chef de file de la Ligue effectuait une visite du… chantier, le ministre des transports Danilo Toninelli déclarait le projet inutile au prétexte qu’on « se fiche d’aller à Lyon ».

Mardi 12 février, ce même Ministère avait publié un rapport sur les coûts et bénéfices à attendre de la réalisation de l’équipement. C’est le rapport Ponti (en italien) dont les conclusions vont dans le sens du Ministre. C’est ce même rapport que j’ai pointé dans mon interpellation de Giuseppe Conte en séance plénière.

J’ai notamment relevé les problèmes de méthodologie qui disqualifient ces conclusions. En effet, le rapport annonce un déficit du Lyon-Turin, principalement lié aux pertes de recettes sur les péages autoroutiers et les taxes de carburant. Le principe du report modal de la route vers le rail et ses gains environnementaux sont complètement occultés. Les financements déjà engagés et la gabegie qu’entrainerait un abandon des travaux sont par contre minorés.

Bref, ce rapport de soi-disant experts produit de la désinformation.

D’ailleurs, cela n’est pas étonnant, quand on sait que, cinq des six membres de la commission qui ont conduit cette analyse, ont été désignés alors que leur penchant pour le transport routier et leur hostilité au Lyon-Turin étaient notoires. Le seul membre « neutre » de cette commission, l’ingénieur Pierluigi Coppola, a d’ailleurs refusé de signer le rapport. Il a critiqué dans le Corriere della Sera la méthodologie retenue en assurant que, selon lui, le Lyon-Turin produirait une valeur économique nette d’au moins 400 M€ pour l’Italie.

Mais finalement, le rapport n’est qu’un des éléments de l’épreuve de force engagée par ces deux partenaires mal assortis. Au passage, le Lyon-Turin est pris en otage. Du coup, se profile la possibilité de devoir repousser son achèvement à une autre conjoncture politique et pire, peut-être même devoir renoncer au financement de 40% des travaux par l’Union européenne !

 

J’engage ceux qui s’intéresse à cette question à en suivre l’actualité sur le site du Comité pour la liaison européenne Transalpine. Il s’agit d’une association reconnue d’intérêt général qui a pour objet de faciliter la réalisation du LyonTurin et qui propose un fond documentaire très conséquent

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume