FAIRE CONNAISSANCE

NEWSLETTER

Top

Le prix Sakharov 2016 en débat

Can Dündar

 

Les premières listes de personnalités sont discutées pour l’attribution du prix Sakharov. Elles témoignent de l’actualité brûlante de notre époque.

Chaque année en octobre, ce prix prestigieux est attribué par le Parlement européen à des personnes ou des organisations qui ont œuvré pour les droits de l’homme et la liberté d’opinion. Il a permis d’apporter une aide financière et de diriger L’attention de l’opinion internationale sur des personnalités emblématiques : Denis Mukwege le médecin congolais (RDC) et Raif Badawi le blogueur saoudien lors des deux dernières éditions ou encore Nelson Mandela à sa création en 1988.

Sans préjuger du résultat qui procédera d’un vote, il est intéressant de voir quelles causes les députés souhaitent honorer. Pour ce qui concerne le groupe S&D auquel j’appartiens, une « short list » de quatre noms est débattue.

Lamya Taha et Nadia Murad sont des femmes yazidis, victimes de Daesh en Syrie et en Irak, qui après avoir échappé A l’esclavage et aux massacres, sont devenues de grandes témoins des souffrances de ce peuple.

Dawit Isaak est un journaliste suédo-érythréen arrêté en 2001 pour atteinte à la sûreté de par le gouvernement érythréen. Il est détenu sans procès depuis 15 ans et selon Amnesty international, c’est le seul journaliste européen prisonnier d’opinion.

Médecins Sans Frontières (MSF) est une ONG fondée en France 1971, qui offre en particulier une assistance médicale d’urgence dans les conflits armés. C’est l’une des rares ONG qui soit présente sur les champs de bataille et son indépendance est unanimement reconnue.

Can Dündar enfin est un journaliste et chroniqueur turc. Rédacteur en chef du journal Cumhuriyet, il a été arrêté en Novembre 2015 après que son journal a révélé des livraison d’armes des services secrets turcs à des organisations islamistes en Syrie. En mai 2016, il a été victime d’une tentative d’assassinat devant le tribunal et le même jour a été condamné à cinq ans et dix mois d’emprisonnement pour « divulgation de secrets d’Etat ».

Chacune de ces personnalités ou de ces causes mérite notre intérêt. J’ai présenté et soutenu celle de Can Dündar car la manière dont il défend sa cause fait partie à mon sens des messages forts que nous devons envoyer au chef du gouvernement turc qui dérive de façon inquiétante sur les fondamentaux démocratiques.

Le maintien d’un dialogue avec le pays est indispensable tout en restant fermes sur nos attentes.

Can Dündar est un symbole de cette exigence démocratique.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume