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Les agissements de Viktor Orban toujours sans condamnation du Conseil ni de la droite européenne

 

Sur demande du Parlement européen, la situation en Hongrie est enfin examinée au Conseil, après des années de dérives du pouvoir vis-à-vis de l’état de droit, que le gouvernement hongrois doit justifier dans le cadre de la procédure de l’Article 7*. 

Malgré cela… ou peut-être à cause de cela, Viktor Orban vient de montrer qu’il n’en a pas fini avec ses mesures politiques contestables, dans le silence complice de son groupe politique, le PPE. Il persiste et signe ainsi avec de nouvelles lois adoptées le 12 décembre, qui ont déclenché depuis des manifestations sans précédent en Hongrie*.

En effet, sans aucune consultation ni débat parlementaire, la loi hongroise relative au travail a été amendée pour permettre aux employeurs de requérir jusqu’à 400 heures de travail supplémentaires par an sans compensation financière pendant 3 ans. Les syndicats la nomment assez justement la « loi esclavagiste ».

Par ailleurs, une nouvelle loi va créer des juridictions spécifiques pour gérer les procès sensibles politiquement, liés aux marchés publics ou aux processus électoraux. 

Le pouvoir autoritaire de Viktor Orban s’étend donc désormais aux conditions de travail des citoyens, et l’indépendance de la justice s’amenuise encore.

Suite aux manifestations de dimanche, des manifestants et des responsables politiques de l’opposition hongroise se sont rendus au siège du média public MTVA, afin que leurs demandes soient lues à l’antenne. Certains de mes collègues du Parlement européen étaient présents et ont rapporté que des gardes de sécurité privés armés ne les ont pas laissés entrer – deux députés nationaux en ayant été notamment empêchés physiquement***. Ceci ne surprendra personne puisque la quasi totalité des médias ont été regroupés sous la main de fer du Premier Ministre.

La Commission européenne a tiré une nouvelle fois la sonnette d’alarme ce lundi en indiquant qu’elle partage les préoccupations que soulève le Parlement européen, et elle enjoint les États membres à continuer leur évaluation de la situation hongroise.

Les dérives gouvernementales et le muselage politique s’aggravent en Hongrie ; mais pendant ce temps là, le groupe PPE se bouche les yeux et privilégie l’apport politique que représente le Fidesz plutôt que de condamner les agissements de Viktor Orban. 

* Ci-dessous un aperçu du compte Twitter de mon collègue István Ujhelyi eurodéputé hongrois du groupe S&D qui témoigne des manifestations.

* Article 7 sur wikipedia

***  Ci-dessous un aperçu du compte Twitter de mon collègue Péter Niedermüller, eurodéputé hongrois du groupe S&D présent au siège du média public MTVA.
 

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume