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Les solutions européennes aux questions migratoires sont sur la table, il faut les adopter !

Tribune conjointe des rapporteurs du Parlement européen sur les dossiers asile – parue originairement en anglais sur le site EUObserver

Il existe un mythe, porté par ceux qui n’apportent aucune réponse : la crise migratoire en Europe perdure et ce sans aucune solution au niveau de l’Union européenne. C’est faux, factuellement et politiquement.

Premièrement les faits. Cette année, il y a eu autour de 100 000 franchissements irréguliers des frontières de l’Union et à peine plus de 400 000 demandes d’asile ont été déposées jusqu’à aujourd’hui- ce qui représente les chiffres les plus bas depuis des années et une baisse drastique depuis le pic de 2015, où le nombre de traversées s’élevait à 1 million 800 000 et le nombre de demandes d’asile à 1 million 300 000. Au même moment pourtant la crise humanitaire continue dans le camp de Moria à Lesbos.

La situation en 2015 était exceptionnelle mais le malaise politique qui en a découlé continue de polluer le débat. La perception de la crise demeure intense, alimentée par les populistes et les pseudo hommes forts manipulant la peur parmi les électeurs à des fins politiques court termistes.

La seule chose qui peut mettre un terme à ce discours toxique est un effort européen partagé pour montrer que la gestion des migrations et un système d’asile européen commun offrent des solutions, au-delà des efforts improvisés et de court terme, auxquels nous avons assistés jusqu’ici.

Il est désolant de voir la crise politique continuer avec de nombreux dirigeants d’États membres confondant ceux qui crient le plus fort avec ceux dont l’opinion est majoritaire, alors même que la “crise” migratoire s’est amoindrie.

Nous avons vu trop d’États membres se chamailler alors que des personnes sauvées devaient être débarquées. Nous avons vu trop d’interprétation différentes de la loi.

Ce ne doit pas obligatoirement se passer ainsi. Au cours des deux dernières années et demie, le Parlement européen a examiné des propositions d’amélioration du système. Malgré nos divergences politiques de la gauche jusqu’à la droite et après de longues négociations, nous nous sommes mis d’accords sur des lois européennes précises pour un accueil indiscriminé, une politique de retour juste pour ceux qui ne sont pas admissibles à la protection, une répartition équitable des demandeurs d’asile, des procédures d’asile efficaces, des agences de surveillance de l’UE, et des règles cohérentes sur les critères d’admissibilité à l’asile.

Le Parlement européen a fait son travail. Nous attendons maintenant les dirigeants des États membres, qui n’ont pas réussi à définir leur position sur un véritable régime d’asile européen commun. En ce qui concerne la proposition clé concernant la répartition équitable des demandeurs d’asile dans l’Union européenne, assortie de contrôles de sécurité appropriés, les règles dites de « Dublin », les États membres se chamaillent depuis des années maintenant.

La vérité est que nombre de propositions du régime d’asile européen commun sont une priorité en terme de communication pour les États membres. Nous avons des accords provisoires entre le Parlement européen et les États membres au Conseil, notamment en ce qui concerne les conditions d’accueil, la réinstallation des réfugiés et les critères d’obtention de l’asile. Toutefois, pour une raison quelconque, les États membres continuent de présenter de nouvelles demandes et changent d’avis tellement souvent. Cela montre que dans de nombreuses capitales européennes, l’urgence et la nature fondamentale de ce défi ne sont pas pleinement comprises.

Le temps des jeux politiques est terminé. Si nous ne nous mettons pas d’accord sur des règles communes maintenant, il est possible que nous ne le fassions jamais. Aujourd’hui, les chefs d’État et de gouvernement se réunissent à Bruxelles. Nous les exhortons à conclure et à adopter le paquet asile sans plus tarder. En cas d’échec, la libre circulation de Schengen sera inévitablement mise en péril. Ne pas agir ensemble offre aux populistes l’opportunité idéale pour exploiter la souffrance des migrants dans la perspective des élections européennes de l’année prochaine.

L’Europe mérite mieux.

 

Sophie in ‘t Veld, ALDE, Rapporteur for the Reception Conditions Directive

Cecilia Wikström, ALDE, Rapporteur for the Dublin Recast Regulation

Sylvie Guillaume, S&D, Rapporteur for the Safe Countries of Origin Regulation

Tanja Fajon, S&D, Rapporteur for the Qualification Regulation

Péter Niedermüller, S&D, Rapporteur for the EU Asylum Agency

Jean Lambert, Greens, Member of the Asylum Contact Group and Shadow Rapporteur

Roberta Metsola, EPP, Chair of the EP Asylum Contact Group

 

 

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