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Unir nos forces en Méditerranée

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Enfin du changement pour la politique de cohésion de l’Union européenne. Le programme MED a été approuvé par la Commission le 3 juin 2015. La programmation des projets transnationaux est à mon sens un exemple d’évolution positive des institutions européennes depuis le début de la législature. Sur la période 2014-2020, 275 millions d’euros seront investis pour encourager la coopération des régions des Etats membres du bassin méditerranéen avec trois très proches voisins : la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et l’Albanie.

La nouvelle approche du financement des politiques régionales met l’accent sur la territorialité des aides. En clair, il s’agit d’une coopération plus directe entre les régions afin d’éviter la simple distribution verticale des fonds depuis Bruxelles. Cela permet de mieux cibler les investissements et une évaluation plus fine des résultats attendus.

Dans le cas présent, les fonds engagés auront des incidences sur les aspects suivants :

– Encourager l’innovation dans les secteurs de la croissance verte et bleue, l’industrie culturelle et l’économie sociale.

– Doubler le nombre de programmes de gestion énergétique des bâtiments publics.

– Accroître l’accès à l’utilisation des transports durables comme les transports en commun.

– Permettre un tourisme plus respectueux de l’environnement et de l’équilibre des zones côtières notamment.

Les trois pays situés aux portes de l’Union présentent toujours d’énormes difficultés structurelles malgré le boom de certains secteurs économiques à l’image du tourisme. Les taux de chômage, par exemple, y sont toujours particulièrement élevés : 27,5% pour la Bosnie-Herzégovine, 19,5% pour le Monténégro et 17,7% pour l’Albanie. Il est dans l’intérêt de l’Europe de construire, à travers sa politique de cohésion, un espace stratégique stable tant sur le plan économique que social. L’espace méditerranéen cristallise bien ces enjeux. Ce programme de la Commission est une véritable opportunité de replacer le centre de gravité de l’Union plus au sud afin que la méditerranée ne soit plus simplement perçue comme une barrière infranchissable, un tombeau à ciel ouvert, mais comme un pont pour porter les valeurs européennes ainsi que le progrès économique et social au service des peuples.

Programme de coopération transfrontalière 2014-2020 : l’Union européenne augmente sa participation pour les projets franco-italiens

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198 millions d’euros. C’est le montant que la Commission a annoncé investir afin de soutenir le programme « INTERREG V-A France-Italie (ALCOTRA)». Lors de la précédente période, 2007-2013, l’intervention était à hauteur de 149.7 millions d’euros. Alors pourquoi cette nouvelle impulsion pour les projets transfrontaliers ?

Dans un contexte de rigueur budgétaire généralisée, l’Union européenne fait le choix d’accroître significativement sa participation. Cet acte politique montre que les institutions européennes ont bien compris que rien ne se construit seulement depuis Bruxelles. C’est aussi et surtout à travers des partenariats durables avec les collectivités et suivis d’effets pour nos concitoyens que le projet européen pourra progresser.

Le programme INTERREG est un instrument de financement des politiques de développement régional qui intervient dans le cadre de la coopération des régions frontalières. L’espace franco-italien, qui comprend les régions françaises de Rhône-Alpes et de PACA ainsi que les régions italiennes du Piémont, du Val d’Aoste et de la Ligurie, illustre bien les défis à relever pour la politique régionale européenne. Ces territoires entretiennent historiquement des relations fortes mais, à l’image de la ligne Lyon-Turin, des investissements importants sont nécessaires afin d’augmenter la complémentarité et l’interconnexion de ces régions.

Mais à quoi va servir tout cet argent ?

Ce nouveau volet du projet INTERREG a été revisité depuis ses précédentes éditions. Ses objectifs étaient jugés insuffisamment spécifiques et laissaient trop de place au « saupoudrage ». Cette fois, le projet sera axé autour de trois objectifs principaux afin de s’assurer d’une dépense efficace de l’argent public :

–       Améliorer les transferts de technologies et la collaboration entre les universités, les centres de recherche et les entreprises en sciences appliquées    afin d’encourager la mobilité durable.

 –       Préserver et valoriser le patrimoine naturel transfrontalier et renforcer la coopération dans la gestion des risques.

–     Et finalement, favoriser l’inclusion sociale des travailleurs dans la région.

D’ici 2020 on attend, entre autres, plus de 20 projets dans le domaine de l’innovation, l’engagement de 95 collectivités dans la lutte contre le changement climatique, l’implication de 226 municipalités dans des projets de valorisation du territoire ou encore plus de 400 cours et parcours professionnalisant développés à l’échelle transfrontalière.

 Penser transfrontalier, c’est penser l’Europe

Ces résultats attendus permettront non seulement de mieux mutualiser les ressources et l’action publique à l’échelle transfrontalière, mais aussi de promouvoir la construction européenne à partir des régions. Aux côtés des grandes priorités structurantes, le caractère très concret des relations transfrontalières (travailleurs frontaliers, réseaux de transports, liens entre chambres de commerces, etc) permet d’aborder des sujets plus proches du territoire vécu et plus facilement représentables pour les citoyens.