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Oui, il faut agir le plus tôt possible contre la radicalisation

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Communiqué de la Délégation socialiste française au Parlement européen, Strasbourg, 25 novembre 2015

C’est un fait : les terroristes sont Français, Belges, Européens. Ils sont nés et ont grandi ici. La question de la prévention est donc tout aussi importante que celle du renseignement, de la réponse militaire, judiciaire ou sécuritaire. La France est à la pointe dans les politiques de lutte contre la radicalisation : plusieurs centres de traitement des djihadistes de retour de Syrie ou de personnes en voie de radicalisation vont être ouverts prochainement. Des campagnes sont menées depuis le début de l’année, et le Numéro vert mis en place a permis, avec l’aide des familles, d’en identifier plus de 7 000.

Au niveau européen, les eurodéputés socialistes et radicaux ont fortement influencé le rapport produit, cet automne, sur ce dossier afin qu’il reste fidèle à sa vocation initiale : la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents, qui va de pair avec des stratégies en faveur de l’intégration, de l’inclusion sociale et de la lutte contre les discriminations.

Plusieurs lieux ou vecteurs sont notamment identifiés comme nécessitant des actions de prévention de la radicalisation : les prisons, Internet et l’école. Ils nécessitent une mobilisation concertée des acteurs de terrain – comme les enseignants, les éducateurs, ou les travailleurs sociaux -, des autorités nationales et des institutions européennes.

– L’éducation et l’inclusion : l’influence des progressistes européens dans ce rapport a permis d’insister sur les causes multiples de la radicalisation et de l’extrémisme violents. Les inégalités, la marginalisation et l’isolement, l’exclusion sociale ou encore la difficulté d’accès à un enseignement de qualité alimentent le risque de radicalisation violente. Nous continuerons de marteler l’importance de l’éducation et des politiques d’inclusion et de non-discrimination pour contrer ce phénomène qui touche des femmes et des hommes de toute origine sociale, et qui ont pour point commun une certaine vulnérabilité.

– Internet : au sujet de la radicalisation sur Internet et les réseaux sociaux, nous avons insisté pour que les acteurs de l’Internet s’engagent à faire plus afin de détecter et supprimer les messages de haine sur la toile, sans pour autant exercer une forme de censure.

– Prisons : la séparation des détenus radicalisés n’est pas la solution miracle et absolue pour prévenir la radicalisation dans les prisons ; les socialistes et radicaux défendent une approche plus équilibrée. Si ces mesures sont parfois nécessaires, elles n’ont pas vocation à être généralisées et surtout elles doivent répondre à plusieurs exigences : dûment évaluées, elles doivent être envisagées au cas par cas et soumises à un contrôle judiciaire.

Enfin, nous avons tout fait pour que ce rapport n’adopte pas une approche fallacieuse et dangereuse qui relierait la religion au terrorisme. Pour éviter les amalgames, il est essentiel de rappeler que c’est le dévoiement de la religion, et non la religion en tant que telle, qui est une des causes de la radicalisation. Ce n’est pas l’Islam qui se radicalise, c’est une certaine forme de radicalisation qui emprunte les habits de la religion.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume