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Point de vue sur des politiques migratoires équilibrées

Le 22 septembre dernier, j’ai participé avec enthousiasme  à l’émission le Téléphone sonne de France Inter sur les politiques migratoires en Europe. Bien qu’en duplex, j’ai essayé de faire passer quelques messages et éclairages sur une question complexe et sensible.

Néanmoins, je ne saurais taire une forme de frustration à l’issue de l’exercice. Si je salue à la fois le travail de préparation et la conduite de l’émission, la qualité des propos des trois autres participants et l’enthousiasme des auditeurs qui ont appelé, je pense que le contenu ne reflétait pas équitablement la position des Français sur cette thématique. On ne peut, en effet, nier qu’elle provoque une certaine crispation au sein de la société, alimentée par des faits objectifs de chômage et de crainte du déclassement d’une part et par l’agitation des peurs et des fantasmes par certaines composantes politiques d’autre part. Je ne voudrais pas que l’unicité de point de vue développée ce soir-là n’ait l’effet du manche du râteau sous forme de dérives extrémistes !

Mais faire ce constat et regarder ce thème avec lucidité n’empêche pas de défendre un point de vue progressiste. J’ai toujours défendu et continuerai de défendre une approche équilibrée et régulée de la politique migratoire appuyée sur la nécessité de pédagogie. C’est ce que j’appelle « complexifier ce qui est exprimé de façon trop simpliste et simplifier ce qui l’est de façon trop complexe ».

C’est pourquoi notamment, la distinction entre migration économique et asile continue de me sembler nécessaire car elle permet de faire respecter le droit. Qu’il soit clair que cela n’en rend pas l’une plus noble que l’autre ou méritant moins notre attention. Mais il faut faire preuve d’honnêteté intellectuelle si l’on veut garantir une politique migratoire juste, généreuse et respectueuse des droits de l’Homme. Nous devons faire preuve de maîtrise et d’organisation pour assurer un accueil digne et responsable des migrants.

Ainsi, quelle que soit la rage que cela génère chez certains partis politiques, des voies légales et raisonnées de migration sont nécessaires, que ce soit pour les demandeurs d’asile ou les migrants économiques.Et quelle que soit la rancœur que cela soulève dans une partie des ONG, les personnes n’ayant pas vocation à se maintenir sur le territoire français doivent bénéficier des programmes de retour avec toutes les garanties de sécurité nécessaires…

Dans l’approche holistique que je défends, je n’oublie pas l’invariant de la lutte contre le modèle économique des trafiquants d’êtres humains ; l’écœurante ambiguïté de récentes pratiques entre l’Italie et la Libye en est l’illustration.

Pas plus que je n’oublie la responsabilité et l’obligation impérieuse des états d’accueil des migrants dans l’effort d’intégration, ni la lutte contre les causes profondes des migrations forcées, par le biais d’une politique d’aide au développement juste et respectueuse du droit dans les pays d’origine des migrants.

C’est ce type de politique que je continuerai de défendre au Parlement européen, et j’espère aussi au travers des média quand et si l’opportunité m’en est donnée.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume