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UE-USA : tensions commerciales

Ces derniers mois, les tentations protectionnistes semblent être devenues la nouvelle norme. Le président des Etats Unis a en effet enclenché début juin ce qui pourrait bien devenir une crise du commerce international, mais aussi entraîner de nouvelles divergences européennes.


De l’émergence de tensions commerciales…
A la fin du mois de mai, Donald Trump a décidé d’une hausse importante des droits de douane sur des produits provenant de l’Union Européenne. Cette taxe de 10% sur l’aluminium et 25% sur l’acier engendrerait des pertes qui dépasseraient les 6 milliards d’Euros pour l’UE. La réponse immédiate de l’Union a alors été de sanctionner les Etats Unis via des taxes sur des produits américains.

Quel est le réel impact de cette politique protectionniste sur l’Union ? Economiquement, le plus à craindre serait une escalade protectionniste qui ralentirait le commerce international bien plus que la taxe sur l’acier en elle-même. En effet, si les Etats Unis sont le premier partenaire commercial de l’Union, l’acier et l’aluminium représentent 1,7% de ses exportations et 0,5 % de ses importations. Cette taxe est donc en grande partie symbolique.

… Au risque d’une nouvelle crise européenne
Au début du mois de juillet, dans un climat déjà tendu, la pression est montée avec le projet de Donald Trump de faire passer les taxes sur les automobiles importées d’Europe de 2,5% à 25%, ce qui aurait des conséquences autrement plus problématiques que les taxes sur l’acier, notamment pour l’Allemagne.  En effet, on parle pour l’Allemagne seule d’une perte annuelle de 5 milliards d’Euros si jamais cette taxe entrait en vigueur.

 Au-delà des pertes économiques, c’est cette fois une nouvelle discorde européenne qui est à craindre. L’impact d’une telle taxe est très asymétrique et toucherait l’Allemagne très durement. Les volumes concernés sont aussi plus importants que celui de la taxe sur l’acier et l’aluminium. On assiste cette dernière semaine à une montée des divergences entre les différents dirigeants européens.

Angela Merkel, soucieuse de préserver les intérêts économiques de son pays fait cavalier seule en évoquant la possibilité de négocier une suppression des taxes automobiles (actuellement à 10%) des voitures importées des Etats-Unis contre une suppression du projet de taxe de Donald Trump. Cependant, elle divise les pays de l’Union par cette proposition inattendue qui pourrait mettre à mal la compétitivité des constructeurs automobiles en Europe. Enfin, elle le fait au grand dam de la Commission européenne qui est l’autorité compétente pour les négociations.

C’est donc un double défi économique et politique qui va se jouer lors du voyage de Jean-Claude Junker à Washington les 19 et 20 Juillet prochains. Celui de protéger l’Europe des politiques protectionnistes, tout en trouvant un accord qui pourra faire l’unanimité auprès des Etats membres.

Partager sur facebook Twitter Syvie Guillaume