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D’Internet aux urnes: les jeunes doivent s’engager pour la démocratie

Voici la tribune que j’ai signée avec mon collègue Ramón Luis Valcárcel du PPE à propos du rôle de la jeunesse et de European Youth Event. 

Le Parlement européen cherche comment transformer l’engagement en ligne des jeunes en participation électorale en 2019. Explications de Ramón Luis Valcárcel et Sylvie Guillaume.

 

 

Ramón Luis Valcárcel et Sylvie Guillaume sont eurodéputés, respectivement membres du Parti populaire européen et des Socialistes & Démocrates. Ils sont vice-présidents en charge de la politique d’information et des relations avec les citoyens.

Dans notre monde hypermédiatisé, il est trop facile de juger que les jeunes sont désintéressés, non-engagés et apathiques vis-à-vis de la politique. Si ceux d’entre nous qui sommes allés à l’université avant la chute du mur de Berlin ont passé de longues heures entre des piles de livres, grâce à la révolution numérique, les jeunes d’aujourd’hui ne sont qu’à quelques clics d’une myriade de bases de données et peuvent « aimer » et « suivre » (ou l’inverse) des personnalités et projets politiques via un très grand nombre de plateformes numériques.

L’importance croissante de la sphère numérique participe à l’idée que les jeunes seraient apolitiques. Comme l’a récemment souligné Anna Widegren, secrétaire générale du Forum Jeunesse, cette idée est un mythe.

Les plus jeunes Européens sont en effet prêts à façonner l’avenir. Cette génération, la plus connectée, part en Erasmus, surfe sur Internet gratuitement dans 28 pays et n’aime pas la politique traditionnelle. Elle n’est cependant pas indifférente aux défis qui attendent l’Union européenne.

Les jeunes s’inquiètent du chômage, de l’immigration, de la sécurité, de la mondialisation et du changement climatique, comme nous tous. La différence réside dans la manière dont ils participent au débat et agissent. Depuis la facilitation et l’accélération de la participation numérique, les activités qui sortent du cadre de leur « e-vie » n’entrent souvent pas dans leur agenda.

Le problème, c’est que débattre, manifester ou faire campagne en ligne ne suffit pas. Si le « clictivisme » et d’autres formes d’engagement civique permettent de conscientiser la population sur des sujets et réseaux divers, il faut entrer dans l’action hors ligne pour avoir un réel impact. La voie des jeunes vers la participation démocratique peut commencer sur leur téléphone, mais pour qu’elle aboutisse, ils doivent se rendre aux urnes.

En tant que représentants démocratiquement élus par plus de 500 millions d’Européens, nous ne voulons pas que les jeunes se sentent sous-représentés ou marginalisés dans la politique européenne.

Nous estimons qu’en communiquant et en interagissant davantage avec eux, nous serons en mesure d’élaborer des réponses plus adéquates et crédibles à certains des plus grands problèmes européens.

C’est pourquoi le Parlement européen met le pied au plancher pour rapprocher l’UE de ses citoyens, et vice-versa. En mettant en place une série d’activités et initiatives permettant le développement d’un dialogue ouvert, structuré et continu avec la jeunesse européenne, le Parlement souhaite créer une démocratie encore plus animée.

Durant l’année qui nous sépare des élections européennes de 2019, des débats et autres événements participatifs seront organisés dans tous les États membres pour déterminer ce que pensent les Européens, et légiférer dans ce sens.

Nous voulons enquêter sur les meilleurs moyens de donner du pouvoir aux jeunes, de les convaincre de ne pas se sentir exclus du débat européen, de combler l’écart entre les générations, etc.

La plateforme principale permettant aux jeunes de faire campagne pour ce qui leur tient à cœur sera la rencontre des jeunes européens (#EYE2018), en juin 2018.

Après deux éditions réussies, le Parlement européen rouvrira ses portes pour accueillir plus de 8 000 jeunes originaires d’États membres ou voisins de l’UE, comme l’Albanie ou la Biélorussie.

Pendant deux jours, un large éventail d’activités stimulantes sera offert, afin d’inverser les rôles : des jeunes animeront la conversation et des membres du Parlement européen, des commissaires et d’autres décideurs écouteront.

Nous parlerons des moyens d’éradiquer le chômage des jeunes, nous discuterons de propositions visant à mieux gérer la mondialisation et nous débattrons de questions aussi pressantes que le rôle des médias sociaux dans notre démocratie ou l’intégration des demandeurs d’asile dans notre société. Oh! Et, bien sûr, nous parlerons aussi du Brexit.

Les propositions les plus populaires formulées au cours de l’événement seront incluses dans un rapport et distribuées à tous les eurodéputés, ce qui permettra d’avoir un impact politique véritablement significatif. Pour illustrer à quel point les idées des jeunes peuvent être une source d’inspiration pour les décideurs politiques, il convient de rappeler que les demandes concrètes des participants à d’édition 2016 ont conduit à une véritable action de l’UE.

Les jeunes avaient demandé davantage de possibilités de volontariat – et l’UE a créé le Corps de solidarité. Ils s’étaient exprimés en faveur d’un engagement plus ferme dans la lutte contre le changement climatique – et l’UE a été la première à défendre l’accord de Paris lorsqu’il a été menacé. Ensemble, oui, nous pouvons transformer les paroles et les bonnes intentions en actions concrètes, en livrant enfin des résultats concrets.

Cependant, la participation à l’#EYE2018 n’est pas la seule façon de faire entendre sa voix avant les élections européennes de mai 2019. Étant donné que nous pensons que l’engagement numérique est un premier pas vers une participation démocratique normalisée, le Parlement européen a créé un site web pour permettre aux jeunes générations de s’exprimer sur des questions cruciales telles que les inégalités, les accords commerciaux, les droits de l’Homme ou le harcèlement sexuel.

Et il va sans dire que les médias sociaux sont une voie à double sens, de sorte que si le Parlement utilise des réseaux comme Facebook ou Snapchat pour tenir les citoyens au courant de la démocratie européenne, ses services de communication sont là pour faciliter et rendre plus agréable l’engagement de chacun dans les processus parlementaires.

Nous faisons de notre mieux pour saisir les innombrables possibilités qu’offrent les nouvelles technologies, mais nous avons besoin d’un soutien civique pour maintenir la démocratie en vie. Les jeunes doivent porter leur activisme en ligne à un niveau supérieur et participer hors ligne, surtout pendant les élections. Une plus grande mobilisation en mai 2019 se traduira par une plus grande représentativité, ce qui permettra à son tour d’assurer une Europe meilleure, une Europe qui fonctionne pour tous.

Le prochain président de la Commission européenne ne sera en effet pas choisi avec un tweet, mais élu aux urnes en mai 2019. Lors de sa dernière session plénière, le Parlement européen a voté à une écrasante majorité en faveur de la poursuite du processus des « Spitzenkandidaten », car ce sont les citoyens qui doivent façonner l’avenir de l’Europe.

Il est maintenant temps que les jeunes plaident en faveur de la démocratie, et cela ne peut se faire qu’en convertissant les engagements en ligne en votes lors des prochaines élections. Il existe de nombreuses façons d’appeler au changement, mais les élections sont une occasion concrète d’appuyer un changement direct.

 

Tribune dans Euractiv : From phones to polls: How today’s youth can make the case for democracy

The European Parliament is exploring ways to convert the younger generation’s online engagement into higher turnout in the upcoming elections, write Ramón Luis Valcárcel and Sylvie Guillaume.

Ramón Luis Valcárcel and Sylvie Guillaume are Members of the European Parliament for the European People’s Party (EPP) and the Socialists and Democrats (S&D) groups. They are the Parliament’s vice-presidents in charge of information policy and citizens’ relations.

In the hyper-mediated world of today, it is easy to view young people as disinterested, uncommitted and apathetic about politics. While those of us who graduated before the fall of the Berlin Wall used to spend time between piles of books, thanks to the digital revolution, today’s youth is just a click away from countless databases and are able to ‘like’ and (un)follow politicians and policy proposals through a myriad of digital platforms.

It is the increasing importance of the virtual sphere that builds up the widespread feeling that today’s youth is apolitical. But, as Anna Widegren, secretary general of the European Youth Forum, recently explained, this is merely a myth.

Among European youngsters, there is an eagerness to shape the future. The most interconnected generation ever goes on Erasmus, surfs the internet roaming-free in 28 countries and dislikes traditional politics. Yet, is not indifferent to the challenges the European Union is facing.

Young people are worried about unemployment, migration, security, globalisation or climate change, just as we all are. The difference is in the way they engage and take action. Since digital participation is easier and faster, activities that fall beyond the reach of e-life are frequently left off their to-do lists.

But at the same time, the problem is that debating, protesting or campaigning online is not enough.

While clicktivism and other forms of civic engagement can help raise awareness of different topics among heterogeneous networks, real impact requires conversion into offline action. Youngsters’ route to democratic participation may well start on the phone, but to be effective, it has to lead to the polls.

As democratically elected representatives of more than 500 million Europeans, we do not want young people to feel underrepresented or disenfranchised when it comes to EU politics.

On the contrary: we believe that by communicating and interacting more with them we will be able to develop more adequate and credible answers to some of Europe’s biggest problems.

This is why the European Parliament is working at full speed to bring the EU closer to its citizens and vice versa. By establishing a series of activities and initiatives from which to develop an open, structured and continuous dialogue with Europe’s youth, the Parliament seeks to enable an ever more vibrant democracy.

One year out of the 2019 European elections, many debates and other participatory events will be held across all member states during the upcoming months in order to find out what Europeans think – and to legislate accordingly.

We want to delve into the best ways of empowering young people, better convincing them that they should not feel left out of the European debate, closing the turnout gap between older and younger generation, etc.

The central hub will be the European Youth Event (#EYE2018) to allow young people to campaign for things they believe in.

After two successful editions, next June the European Parliament will open its doors once again to welcome more than 8,000 young people from EU member states like Estonia, Spain, Cyprus or France to neighbouring countries like Albania or Belarus.

The two-day event will see a wide range of stimulating activities during which the roles will be reversed: youngsters will lead the conversation and Members of the European Parliament, Commissioners and other decision-makers will listen.

We will talk about ways to eradicate youth unemployment, discuss proposals for harnessing globalisation and debate on pressing issues such as the very role of social media in our democracy or the integration of asylum seekers into our society. Oh! And, of course, we will speak about Brexit too.

The most popular proposals formulated during the EYE will be included in a report and distributed to all MEPs, allowing for a truly meaningful political impact. To exemplify how young people’s ideas can be a source of inspiration to policy-makers, it is worth recalling that concrete demands from EYE 2016 participants led to real EU action.

They requested more volunteering opportunities – and the EU created Solidarity Corps. As well, they asked for a stronger commitment to tackling climate change -and the EU was the first to stand up for the Paris Agreement when it came under attack. Together, yes we can turn words and good intentions into concrete actions, by finally delivering.

However, taking part in the #EYE2018 is not the only way to make one’s voice heard before the May 2019 European Elections. As we believe that digital engagement is a first step to standardised democratic participation, the European Parliament has set up a website for the young generation to have its say on crucial issues such as inequalities, trade agreements, human rights or sexual harassment.

And it goes without saying that social media is a two-way street, hence while the Parliament uses networks like Facebook or Snapchat to keep citizens up to date with European democracy, its communication services are there to make everybody’s engagement with parliamentary processes an easier and more enjoyable activity.

We are trying our best to seize the endless opportunities that new technologies offer, but we need civic support to keep democracy alive. Youth has to take its online activism to the next level and participate offline, especially during elections. A higher mobilisation in May 2019 will mean more representativeness, and this will in turn provide for a better Europe -one that works for all indeed.

The next European Commission president is not going to be chosen with a tweet but elected in the polls in May 2019. In its last plenary session, the European Parliament overwhelmingly voted in favour of the continuation of the Spitzenkandidaten process, for citizens are the ones who must shape the future of Europe.

It is now time for youngsters to make the case for democracy, and this can only be done by converting online engagement into votes in the next election. There are many ways to call for change, but polls are the place to make it happen.

EURACTIV is a Media Partner of the #EYE2018 youth event.
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