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Discours sur l’état de l’Union : place aux actes !

 

La présidente de la Commission européenne a livré aujourd’hui son premier discours sur l’état de l’Union.

 

Les membres de la délégation de la gauche sociale et écologique approuvent la façon dont Ursula von der Leyen a placé les États membres face à leurs responsabilités, qu’il s’agisse des zones « LGBTI free » en Pologne, de leur faiblesse collective face à la Chine, la Russie ou encore la Turquie. Bien souvent les États membres font preuve de mollesse ; cela méritait d’être souligné. Nous soutenons l’appel de la Présidente de la Commission européenne à passer à la majorité qualifiée en matière de droits de l’homme et de sanctions, et saluons sa fermeté sur le Brexit : Ursula von der Leyen a eu raison de rappeler que le Royaume-Uni ne peut seul s’extraire de l’accord signé.

Sur la question des principes, nous applaudissons ses mots forts et son refus absolu du racisme, de l’antisémitisme, de la haine, de l’homophobie et des discriminations, et nous nous félicitons de sa proposition d’instaurer une reconnaissance mutuelle en Europe des mariages de couples LGBTI.

Néanmoins concernant la lutte contre le dérèglement climatique, si le renforcement de l’objectif de réduction de nos émissions de 40% à 55% est une première étape, ce dernier s’avère encore largement insuffisant face à l’emballement des épisodes climatiques extrêmes. C’est pourquoi, nous porterons au Parlement européen un objectif beaucoup plus ambitieux afin de répondre plus adéquatement à l’urgence climatique. Mme von der Leyen a enfin semblé faire l’impasse sur un point crucial : comment financer ces politiques, l’isolation des bâtiments, le développement de l’hydrogène, l’investissement dans le numérique ? Le plan de relance, d’une durée de 3 ans n’y suffira pas. Nous avons besoin de nouvelles ressources propres et de perspectives budgétaires de long terme. Il est évident que nous n’avons pas les moyens de mettre en musique ces belles intentions.

Concernant les propositions en matière d’Europe sociale, les membres de la délégation restent particulièrement sur leur faim tant, dans la longue liste de mesures annoncées, des oublis de taille demeurent : rien sur la lutte contre la pauvreté, notamment quand elle frappe les enfants. Peu d’ambition sociale, si ce n’est la reprise de notre proposition d’un salaire minimum dans les pays européens, dont nous nous félicitons mais attendons de voir les modalités concrètes pour juger si celles-ci sont à la hauteur dans la lutte contre le dumping social en Europe et la garantie à tous d’un salaire décent.

Enfin, s’agissant de la politique commerciale, nous serons vigilants à ce que certaines déclarations volontaristes n’aboutissent pas en réalité au plus strict statu quo.

Mettre en demeure les États membres sans parler des ressources propres dont l’Union a tant besoin fait ressembler ce discours à une pétition de principe. Ou une coquille vide !

Sylvie Guillaume

Publié le 17 septembre 2020 à 10h09


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