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Les femmes en première ligne face à la pandémie

 

La pandémie de COVID 19 et les mesures de confinement prises un peu partout ont radicalement bouleversé nos vies quotidiennes du jour au lendemain. Et ce pour une durée encore indéfinie. Selon les Etats-membres de l’Union européenne, les facs, les écoles, les crèches ont été fermées, certains lieux de travail également. L’heure est au repli dans les foyers, le temps que le pic de la pandémie passe, que nos systèmes de santé amortissent le choc, que la vie avec la menace de virus s’organise, que l’on trouve un vaccin…

 

Ces ajustements pour faire face à la crise touchent particulièrement les femmes et la crise exacerbe les inégalités préexistantes, y compris celles entre les femmes et les hommes.

Tout d’abord, parce qu’elles sont surreprésentées dans les secteurs particulièrement sollicités et exposés au virus en ces temps de crise : infirmières, médecins, vendeuses/caissières, agents de nettoyage…. Le risque est grand pour elles de contracter le virus et de le transmettre à leurs proches.

Ensuite, car beaucoup des inégalités entre les femmes et les hommes se révèlent dans l’intimité du foyer.

Et la plus glaçante de ces inégalités est bien sûr la violence domestique et l’augmentation d’un tiers des violences à l’égard des femmes, et parfois des enfants, dans beaucoup d’Etats membres, dont la France, depuis le début du confinement. Pour ces femmes, le confinement peut se révéler plus dangereux que le virus et le manque de places dans les foyers d’accueil les laisse sans solution de secours. C’est pourquoi le Groupe des Socialistes et des Démocrates au sein du Parlement européen appelle à maintenir ouverts les centres de protection, à augmenter les places d’accueil, à communiquer sur des moyens simples d’obtenir de l’aide et d’alerter la police que ce soit par sms, chat en ligne ou en mentionnant un nom de code à son/sa pharmacien.ne.

De même, il faut être vigilant au respect des droits des femmes à la santé reproductive particulièrement en ces temps de crise : accès à la contraception, à un suivi pré- et post-natal, à des services sécurisés d’avortement. Et non, comme c’est le cas à l’heure actuelle en Pologne, profiter du chaos généralisé pour examiner des projets de loi prévoyant l’interdiction de l’interruption de grossesse et de l’éducation sexuelle dans les écoles.

Enfin, le nerf de la guerre est parfois encore le partage des tâches au sein de la famille et du couple. Avec les établissements scolaires et les crèches fermés, ce sont majoritairement les femmes qui se retrouvent responsables des enfants, doivent « faire l’école » à la maison, tout en assumant la plupart des tâches ménagères et la cantine pour tous les membres de la famille réunis sous le même toit 24h/24. Et toute ça combiné avec leur activité professionnelle, souvent en télétravail, dans un contexte de pression professionnelle et financière accru. Les parents célibataires – majoritairement des femmes (85%) sont particulièrement éprouvés par cette situation et la charge mentale est exacerbéedans ce nouveau contexte.

Aussi, je voudrais saluer les femmes aux prises avec ces différentes réalités et dynamiques mises à jour par la crise et je suis fière, avec le Groupe des Socialistes et Démocrates au sein du Parlement européen, de proposer une approche sensible aux questions de genre pour faire face à cette crise du Covid 19, penser la relance de nos économies et le rétablissement du fonctionnement normal de nos sociétés.

Sylvie Guillaume

Publié le 16 avril 2020 à 10h04


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