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Situation au Kurdistan irakien et au Rojava : La France acceptera-t-elle enfin de prendre ses responsabilités ?

 

Depuis vendredi 26 février, une délégation composée de parlementaires français à l’Assemblée nationale et au Parlement européen, ainsi que d’avocats mandatés par l’ONG Avocats Sans Frontières France et le Bâtonnier du Barreau de Paris, s’est rendue au Kurdistan irakien et au Rojava (Nord-Est syrien).

 

Les Kurdes d’Irak et de Syrie ont combattu Daesh pendant des années, des dizaines de milliers de vies ont été perdues pour sauver les nôtres.

Aujourd’hui, après le départ de la plus grande partie des troupes américaines, la situation sécuritaire sur place se dégrade et la région est confrontée à la résurgence de Daesh.

Dans ce contexte, il nous est paru essentiel de nous rendre sur place, de rencontrer nos homologues ainsi que les autorités locales pour écouter, comprendre et rendre compte de la situation.

Nous avons pu constater in situ que les enjeux et défis sécuritaires et humanitaires sont considérables. Sans le soutien réel et concret de la communauté internationale et notamment de la France, la situation ne peut que se dégrader.

La situation dans les camps où sont détenus des ressortissants européens dont de nombreux Français est explosive.

C’est avec une très grande déception que notre délégation qui avait passé la frontière syrienne s’est vu refuser de poursuivre son déplacement sur le territoire du Rojava par les autorités kurdes de Syrie.

Pourtant d’autres délégations (Belgique, Finlande, Allemagne, Autriche, Catalogne) ont pu ces dernières semaines se déplacer au Rojava et pour la plupart accéder aux camps.

Nos échanges sur place nous permettent d’affirmer que ce refus est dû à la pression directe des autorités françaises.

En l’absence de toutes perspectives de création d’un tribunal international ad hoc, nous appelons les autorités françaises à ne pas laisser nos ressortissants présents dans ces camps échapper à la justice et à les rapatrier en France, seul pays où ils sont judiciarisés, afin qu’ils rendent compte de leurs actes.

Par ailleurs, dans les camps de Roj 1 et Roj 2, plus de deux cents enfants vivent dans des conditions insoutenables.

Nous appelons donc instamment à ce que des mesures urgentes soient prises pour que leur sécurité physique, affective et morale soit assurée dans le respect du principe européen de « l’intérêt supérieur de l’enfant ».

Ne pas les rapatrier est indigne. Les laisser exposés à la violence physique, psychologique et idéologique est irresponsable. C’est d’ailleurs ce qu’ont exprimé les juges antiterroristes français par la voix de leur coordonnateur.

 

 

Frédérique Dumas, Députée Libertés & Territoires                                 

Sylvie Guillaume, Eurodéputée S&D

Hubert Julien-Laferrière, Député non inscrit (Génération écologie)     

Mounir Satouri, Eurodéputé Greens/EFA

 

 

Contact presse : Marion Jeune +33 6 59 10 20 26  marion.jeune@europarl.europa.eu
Christophe Rossignol 06 44 31 16 80

Sylvie Guillaume

Publié le 4 mars 2021 à 15h03


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