Désinformation et anonymat sur les réseaux sociaux

Le 2 décembre 2020, en commission des pétitions, un pétitionnaire (français) a porté un thème très sensible, celui de l’anonymat sur internet.

 

De prime abord supprimer l’anonymat lors de la publication de contenus sur internet peut apparaître comme une bonne idée. Cela permettrait de responsabiliser les gens et de démasquer les faux comptes. Les internautes devraient assumer leurs propos tenus en ligne. Mais c’est sans compter l’espace de liberté qu’offre internet à des personnes vivant par exemple dans des régimes qui les oppressent. À cet égard, la situation des personnes LGBTI est un bon exemple. L’anonymat leur permet de s’exprimer sans risquer d’être arrêtés ou victimes de répression.

En outre, l’anonymat sur internet n’est que partiel –on peut parler de pseudonymisation- les autorités ayant plusieurs éléments à leur disposition pour retrouver les auteurs d’infraction, comme par exemple leurs adresses IP. Dans le cadre de la pétition qui nous occupe aujourd’hui, il n’était pas question de l’anonymat, en général, d’utilisateurs « classiques » mais de l’anonymat utilisé pour mener des campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux.

Nous l’avons vu au début de la pandémie du Covid19, lors de la campagne pour le referendum du Brexit ou pour les élections américaines de 2016, les campagnes de désinformation, nuisibles, se multiplient sur les réseaux sociaux et sont très difficiles à arrêter. En outre, les fausses informations circulent bien plus vite que les démentis et corrections factuelles.

La Commission européenne travaille aujourd’hui à la lutte contre la désinformation. Elle prévoit de s’appuyer sur deux instruments principaux : le plan pour la démocratie européennequi devrait réviser le code de bonnes pratiques sur la désinformation pour une approche de co-régulation plus robuste et le Digital Services Act qui doit assurer une plus grande transparence des algorithmes et des systèmes de recommandation ainsi que des standards minimaux de modération des contenus et de responsabiliser les plateformes quant à la diffusion de contenus illicites, haineux ou faux. Le Parlement européen, lui, entend aller plus loin grâce à sa commission spéciale sur l’ingérence étrangère dans l’ensemble des processus démocratiques de l’Union européenne (INGE).

Ces textes et les travaux de la commission spéciale seront publiés dans les prochaines semaines et je vous donne rendez-vous bientôt pour en discuter plus en détail.

Sylvie Guillaume

Publié le 3 décembre 2020 à 14h12


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